La fast fashion: état des lieux

Vous rappelez-vous de cette époque, lorsque les grands magasins produisaient deux collections par année? Printemps/été et automne/hiver. C’était tout et c’était suffisant.

Aujourd’hui, on parle de fast fashion pour décrire ces compagnies qui produisent des collections à un rythme effréné. Ces dernières proposent de 26 à 52 collections par année pour répondre à une demande de renouveau constant de la part des consommateurs. Mais à quel prix?

Malheureusement, ce prix, ce n’est pas le consommateur qui le paie, puisque les marques qui usent de cette pratique sont principalement dans le bas de gamme. Les prix sont donc dérisoires, surtout dans la section « liquidation », remplie d’articles vieux d’à peine un mois. Il faut vite produire de nouveaux modèles, au plus bas prix possible, pour proposer de nouveaux vêtements à une clientèle qui s’en lassera de plus en plus rapidement. Et on recommence…

Le prix humain

Quand on sait que pour un t-shirt que l’on paie 14 $, seulement 12 sous vont au salaire des travailleurs, on peut se poser de sérieuses questions sur cette industrie du toujours plus rapide et du toujours moins cher.

Des catastrophes comme celle du Rana Plaza, ou encore des documentaires chocs comme The True Cost rappellent au public que ces enjeux existent. Malheureusement, le cycle reprend son cours « normal » à peine quelques heures plus tard, la nouvelle étant reléguée dans un coin obscur de notre cerveau collectif. En tant que société, nous sommes dans le déni. Parce que oui, nous aimons changer nos vêtements régulièrement pour suivre la mode imposée par l’industrie et non, nous n’aimons pas payer cher.

Notre réalité est tellement lointaine de celle de ces travailleurs de la misère qu’elle nous est difficile à concevoir. Et pourtant, des milliers de travailleurs du Bangladesh et de pays producteurs de textiles travaillent pour des salaires dérisoires dans des conditions qui dépassent l’entendement. Tout ça pour nous permettre d’avoir le t-shirt dernier cri, pas cher pas cher. De quoi nous faire réfléchir sérieusement au coût caché de nos vêtements. Une chose est certaine : quelqu’un quelque part paie. Si ce n’est pas celui qui le vend, ni celui qui l’achète, c’est obligatoirement celui qui le fabrique.

Le prix environnemental

Évidemment, le fardeau environnemental derrière de telles pratiques est énorme, plus que nous ne pouvons l’imaginer et le supporter en tant que planète. Collectivement, nous jetons des tonnes et des tonnes de vêtements chaque année. Nous pouvons carrément parler de désastre environnemental.

La majorité des vêtements issus de ces boutiques sont de très mauvaise qualité. On s’en débarrasse rapidement, parce qu’ils ne sont plus à la mode et parce que la qualité fait déjà défaut après quelques lavages. On ne peut pas les revendre et les associations et friperies les acceptent de moins en moins. Ils finissent donc à l’enfouissement.

Au-delà du prix de leur fin de vie, les vêtements sont également polluants par leur production. L’industrie de la mode est d’ailleurs la deuxième industrie la plus polluante au monde, juste derrière l’industrie du pétrole. Imaginez toutes les ressources nécessaires pour fabriquer ces vêtements de piètre qualité qui ne seront portés en moyenne que 5 fois et auront une durée de vie de 35 jours. De quoi nous donner la chair de poule lorsqu’on pense à long terme.

Notre rôle

La fast fashion existe parce qu’en tant que consommateurs, nous le demandons et l’encourageons. Chacun de nous a un rôle à jouer comme acteur de cette industrie et nous espérons qu’en mettant en lumière cette réalité, nous réussirons à changer un peu les choses. Accepteriez-vous de payer un peu plus, et de consommer moins, afin de prendre part à la solution?

Par Camille Thériault

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